A family of five, travelling one year on a beatiful 33 years old boat, she's 45 foot long and we called her : Gytan.

Please subscribe to the newsletter or leave a comment 

Read More

 

Nous About us
  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon
    • White Twitter Icon
    Tags

    © 2023 Guillaume with Wix.com

    Please reload

    La transat retour

    June 24, 2018

     

    Les enfants partis, nous préparons le bateau pour la transat. Nous sommes au mouillage de Marigot à Saint Martin.

    2300 miles devant nous, soit 4140 kilomètres. Avec l'aide de Fabien de Pouplier nous réalisons un contrôle du gréement, rangeons le bateau pour faire de la place pour nos équipiers. Toujours avec nos amis de Pouplier nous partageons une voiture et faisons les aller-retours vers le Super U pour l'approvisionnement. Nous achetons de quoi tenir 30 jours en mer, mais nous espérons en mettre 2 fois moins.

    Nous passons la dernière nuit à la marina pour pouvoir charger à fond les batteries, nettoyer le bateau et remplir les réservoirs d'eau.

     

     

    Lundi 28 mai à 11 heures du matin nous quittons la marina de Fort Louis et mouillons dans le lagon de Marigot pour un dernier bain.

    A 12 heures, heure locale, soit 17 heures UTC (universal time coordinated), nous hissons la grand-voile avec un ris et relevons l'ancre.

    Cap 45° à 6,5 noeuds avec 15 à 20 noeuds de vent d'Est, nous quittons Saint-Martin dans le canal qui la sépare de l'île d'Antigua. Nous sommes au près serré et devons faire un contre-bord pour passer l'Est d'Antigua et la pointe de Deadsmen. Une fois le cap passé nous pouvons abattre un petit peu pour moins taper dans les vagues. En fin d'après-midi Hippolyte commence à être malade, cela va durer 3 jours. Même l'eau ne passera pas. Constance et moi nous relayons donc pour les premiers quarts de nuit.

     

     

     

    Nous continuerons ainsi au bon plein pendant 3 jours, le vent et la mer diminuant petit à petit, les conditions deviennent de plus en plus confortables. Hippolyte reprend du poil de la bête, tout va pour le mieux. Nous faisons de belles distances à plus de 150 miles par jour.

    Nous arrivons dans l'anticyclone. La stratégie de cette transat consiste tout d'abord à partir entre mai et juin des Antilles, au moment où les dépressions sont les moins fortes et de profiter d'un affaiblissement des alizés. Il s'agit ensuite de remonter vers le nord, de traverser l'anticyclone puis de tourner à droite en restant suffisamment loin du coeur des dépressions mais pas trop près non plus du centre de l'anticyclone.

    C'est à ce moment que le pilote cesse de fonctionner. Au début, de temps en temps, il arrête de barrer pour reprendre son cap, d'abord au bout de 30 secondes puis au bout d'une minute, cela nous vaut parfois de virer de bord. Nous devons donc être derrière la barre et vigilants. Au quatrième jour, nous faisons nos premières heures de moteur, le vent en cette fin de journée ne nous pousse plus assez et les voiles battent. Nous nous baignons pour la première fois de la transat.

     

     

    Nous avançons de moins en moins vite en alternant moteur et spi, nous prenons de nombreux grains de pluie. Le cinquième jour, nous tentons de réinitialiser le pilote. Nous le perdons totalement, il ne se remet plus en marche. Nous inspectons toutes les connections, débranchons, rebranchons, rien à faire. Nous avons des messages d'erreurs de plus en plus bizarre. Par le téléphone satellite, je contacte mon oncle pour qu'il prenne contacte avec NKE (marque du pilote sur Gytan). Après un diagnostique approfondi, il semble que ce soit le calculateur qui fasse des siennes. Il s'agit d'un boîtier électronique qui reçoit les informations des différents appareils de mesures (anémomètre, girouette, GPS, angle de barre, etc...) et qui les traite pour envoyer les bons ordres au pilote automatique. On nous conseille d'essayer le Spray Contact, ce produit permet de supprimer la corrosion et de faciliter la circulation sur les circuits imprimés, malheureusement nous n'en avons pas à bord. Conclusion, nous allons barrer jusqu'au bout. Il reste entre 10 et 15 jours.

     

    Au sixième jour, il fait encore chaud et nous sommes de plus en plus au moteur. Nous nous baignons pour la deuxième fois et nous avons consommé un tiers de nos réserve de carburant, les lignes de pèche ne donnent toujours rien à part de la sargasse. Nous continuons de monter dans le nord et nous nous éloignons plus encore de la route directe. Heureusement, nous finissons par toucher du vent le lendemain, ce qui nous permet d'allonger la foulée. Nous mettons en place notre élastico-pilote, c'est à dire que nous fixons de gros sandows sur les bords du bateau et sur la barre. Le bateau est maintenu sur son cap avec, certes avec une démarche un peu chaloupée mais nous n'intervenons presque plus. Avec un bon réglage des voiles et des sandows, nous n'avons qu'à faire de légères corrections toutes les 5 minutes, on souffle. Depuis la panne, nous nous relayons à la barre toutes les deux heures. Ce soir là, nous nous baignons pour la deuxième fois.

     

     

     

     

    Nous approchons de la mi-transat, nous pêchons notre premier poisson. Comme nous ignorons l'espèce, nous ne prenons pas de risque et le relâchons, d'autant qu'il n'est pas bien gros. Nous croisons aussi nos premières physalies, appelées aussi "Galères portugaises". Nous sommes au milieu des grains orageux, nous voyons de nombreux éclairs la nuit et le tonnerre gronde. Nous franchissons la moitié du parcours l'après-midi, et pour fêter cela une dorade coryphène mord à la ligne, nous la dégustons au dîner. Nous avons aussi utilisé la moitié de notre essence. Nous nous baignons le soir pour la troisième fois.

     

     

    Nous sommes enfin à la voile pendant plus de vingt-quatre heures, sous spi ou génois tangoné. Nous croisons de plus en plus de physalies et de déchets de toutes sortes. Nous apercevons d'énormes tas de bouts flottants, de bouées, de flotteurs de casiers, une station météo, une grosse bonbonne de gaz, un réfrigérateur...

     

    Lentement, nous passons sous la barre des 1000 miles à faire, le spi est établis, nous le gardons pendant 57 heures ininterrompues, jusqu'à ce que le vent nous lâche complètement. Il fait beau depuis quelques jours. Les journées sont très calmes, nous lisons beaucoup, faisons du pain. Tous les soirs, nous instaurons l'apéro bières, chips et jeu de cartes. Chacun prépare un plat à tour de rôle. La nuit, les quarts de deux heures sont répartis entre Constance, Hippolyte et Nicolai. Je prends toujours le dernier, pendant 4 heures, il me permet d'envoyer les mails au routeur (Michel Meulnet de Searoute) et à la famille pour donner notre position et de régler les voiles avant de réveiller celui qui était premier de quart.

     

     

     

     

    Nous avançons tant bien que mal entre voile et moteur. Le soir du quatorzième jour, nous voyons une énorme barre de nuages gris et dense qui couvre tout l'horizon derrière nous et nous arrive dessus. Le baromètre tombe un peu, la nuit s'annonce sportive. Il n'en sera rien, le lendemain, matin cette même barre de nuage est passée, le ciel bleu fait sont retour. Nous avons mis dans les réservoir tout le carburant que nous stockions sur le pont dans des bidons, sauf un bidon de 20 litres pour nous permettre de rentrer dans le port à l'arrivée.

    Il nous reste plus de 500 miles à parcourir.

     

     

    Nous échangeons beaucoup avec nos différents bateaux copains, certains arrivaient quand nous partions, d'autres ne sont pas très loin. Ces échanges nous font comprendre que les conditions peuvent être très différentes à 200 ou 300 miles de distance. Nous continuons sous spi encore 48 heures. L'écoute du bras commence à être très rongée par la mâchoire du tangon.

     

    Depuis quelques jours, nous croisons des dauphins qui viennent surtout le matin. Je vois également une énorme queue de baleine à 300 mètres du bateau, elle ne réapparaîtra pas. Plus tard j'apprendrai qu'il s'agit d'une baleine à bosses. Nous nous baignons une dernière fois à 5 jours d'Horta, l'eau nous semble beaucoup plus fraîche.

     

    La jauge de niveau d'essence ne fonctionne plus. Nous faisons donc une estimation de nos réserves par rapport à nos heures moteur et notre consommation horaire. Nous calculons qu'il nous reste une trentaine d'heures. Il nous faut donc faire le plus de voile possible car nous avons encore du chemin. Malheureusement, les prévisions météo ne nous donnent pas beaucoup de vent pour les prochains jours, l'anticyclone est très grand et bien installé.

    Le jeudi nous sommes à 220 miles du but, plus de vent ou presque, nous gardons les voiles en faisant entre 2 et 3 noeuds de vitesse. Nous parvenons à faire 100 miles puis allumons le moteur. Il nous reste 180 miles à faire, soit 36 heures à 5 noeuds de moyenne, or il nous reste 30 heures d'essence, selon notre estimation. Je donne les consignes en cas de panne d'essence pour ne pas désamorcer le moteur et mettre les 20 litres du bidon de secours. Nous passons la nuit ainsi, sur le qui vive, puis la matinée, enfin vers 10 heures, je fais mes calculs et je sais que quoi qu'il arrive nous aurons assez d'essence pour arriver à Horta, nous mettons donc le dernier bidon en faisant attention à chaque goutte. La journée sera belle, nous voyons à 30 miles le volcan de Pico à travers les nuages, puis le cratère de Faial.

     

    Les paysages sont magnifiques, ils ont quelque chose de l'Irlande ou de la Bretagne. Nous remettons un peu le génois car nous touchons un peu de vent à la côte. Nous entrons dans le port d'Horta à petite vitesse accueillis par nos amis les Dingos qui viennent à notre rencontre en annexe.

    A 18 heures UTC, soit 19 heures locales nous nous amarrons à couple de nos amis Poupliers arrivés le matin même. Une fois les formalités faites, nous allons tous chez Peter Cafe Sport, le bar mythique des marins aux Açores où nous retrouvons  les Vegas et les Ia Orana.

     

     

     

     

    Nous avons mis 18 jours et une heures pour faire environs 2230 miles soit une moyenne de 5,15 noeuds.

    Nous avons croisé presque un cargo par jour, en revanche nous ne verrons qu'un voilier le deuxième jour.

    Vidéo de la transat.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Share on Facebook
    Share on Twitter
    Please reload

    L’arrivée en fanfare.

    September 4, 2018

    Les Açores deuxième partie : Sao Jorge et Terceira.

    September 4, 2018

    1/15
    Please reload

    You Might Also Like: