A family of five, travelling one year on a beatiful 33 years old boat, she's 45 foot long and we called her : Gytan.

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    Carriacou et la réparation du safran,

    February 18, 2018

     

    Nous passons un agréable week-end au mouillage de Tyrell Bay, à l’ouest de l’île, avec nos amis de Vega et repérons l’atelier flottant de Dominique, spécialiste du Sunkiss et sauveur de notre safran. Le soir les enfants vont jouer au Rummikub avec les Dominiques puis nous allons dîner tous ensemble à la pizzeria le « Lazy Turtle ». 

    Un duo jazz y joue ce soir là et nous faisons alors la connaissance de Ben et Yann, au saxo et à l’accordéon. Il s’avère que ce sont eux aussi des bretons qui voyagent avec enfants sur leur bateau, Dominao et qu’en plus d’être musiciens, ils ont monté un spectacle de cirque. Avec Pauline, Yann et Ben animent le « Ciné Searcus ». A Carriacou ils donnent plusieurs représentations à l’une desquelles nous aurons la chance d’assister. 

    Grace à eux, nous faisons également la connaissance d’une autre famille de quatre enfants qui voyagent sur un Sun Kiss 45 comme nous, Iorana, cela créé des liens. Nous retrouvons tout le monde à la plage et les enfants se font plein de copains.

     

     

     

    Le lundi de notre arrivée, nous allons rencontrer Dominique, sur son atelier flottant pour un diagnostique.

    Nous espérions pouvoir réparer le safran sans sortir le bateau de l’eau mais demeurer au mouillage sans gouvernail  est assez risqué. L’ancre peut riper, la chaîne casser... De plus nous craignons d’avoir un second problème, avec le tube de jaumière qui maintient le safran dans l’axe. Nous prenons donc rendez-vous avec le chantier pour sortir le bateau de l’eau dès le lendemain, mardi matin. Pour notre dernier soir sur l’eau nous sommes invités à prendre l’apéro sur Pouplier, bateau d’amis rencontré aux Tobaggo Cayes, avec les Vega.

    Le lendemain, Dominique de Vega vient nous aider pour la manoeuvre (encore merci les Dominiques de Vega !).

    Le gérant du chantier est anglais, s’appelle Graham, (cela se prononce Grey Ham) et parle avec un fort accent britannique, suffisamment vite pour qu’on ait du mal à le comprendre. Plus ennuyeux, à la moindre contradiction il part « bouder » pendant un heure, revient, puis repart sans raison apparente. Pas facile de travailler avec lui !

     

     

    Grâce à Dominique de Vega, nous réussissons à démonter le safran, mais il nous faut cinq heures de travail et le chantier est en plein soleil ! 

    Nous parvenons enfin à le faire tomber et constatons les dégâts. Dominique « de Carriacou » prend le safran sur son annexe et l’amène à son atelier tandis qu’avec Graham nous déterminons les pièces à changer. En démontant la crapaudine, nous nous apercevons qu’il manque deux éléments qui auraient dû se trouver là. Cela a créé du jeu qui s’est répercuté dans le tube de jaumière juste au dessus lui aussi déformé et désolidarisé de la coque. Il va falloir faire fabriquer toutes ces pièces.

     

    Le premier soir sur le bateau, à trois ou quatre mètres du sol, nous ressentons une étrange sensation. Nous évitons les mouvements trop brusques de peur de déséquilibrer le bateau et pourtant nous ne sommes pas habitués à autant d’immobilité ! Nous pouvons laisser une porte entre-ouverte sans qu’elle ne claque, les voitures d’Abel et autres objets en tous genres cessent de rouler sur le sol… Ce calme du premier soir nous paraît très insolite ! Nous réalisons aussi que nous sommes sous le seul lampadaire du chantier ! C’est pratique, pas besoin d’allumer de lumière extérieure pour le dîner mais du coup nous sommes attaqués par les moustiques et les nonos - petites bestioles surnommées ici « you don’t see them » -  qui s’attaquent aux chevilles et aux pieds. Leurs piqûres démangent d’avantage que celles des moustiques. Le terrain du chantier s’appuie  en effet sur la mangrove au creux de laquelle est ménagé un abris anti-cyclonique. Ce site offre un joli paysage mais regorge de petites bêtes. 

     

     

    Le lendemain, le rythme de notre nouvelle vie sur pilotis se met en place. Ecole le matin pour les enfants avec Constance pendant que je pars aider Dominique à réparer le safran sur son bateau atelier. Constance emmène Gaston en expéditions à Hillsborough pour acheter du matériel de peinture ou autre et ils s’arrêtent pour boire de l’eau de noix de coco à la paille. Les cocos sont mises dans des frigos et leur jus en est d’autant plus désaltérant. C’est très facile de se promener dans l’île en bus local. Les chauffeurs sont gentils et ne manquent pas d’humour.

     

     

    Les Caraïbes sont proches des Etats-Unis, la monnaie est l’Eastern Carribean Dollar - prononcer Dollars Ici. Nous faisons nos courses au supermarché Alexis - nom très répandu dans l’île - près du chantier où nous trouvons essentiellement des produits américains. Corned beef en tous genres, Peanut Butter cups », New York cheese cake et chips au pickles ...

     

    Les premiers jours les enfants se font des copains sur le chantier. Les enfants du bateau « Errance » ont exactement l’âge des nôtres. Nous faisons un échange pour une nuit. Les garçons dorment à bord d’Errance et les filles sur Gytan. Cependant les amis repartent à l’eau et il n’y a plus d’enfants sur le chantier. Nous pouvons heureusement retrouver les petits Iorana - Gaston devient très copain avec le fils d’Anne-Laure et Amaury, Xavier - et Dominao à la plage toute proche où nous faisons aussi la connaissance d’Hélène et David sur Haka. 

     

    Cependant, après cinq jours, la vie au chantier devient vraiment pénible. Nous avons très chaud et le vent fait voler la poussière partout !

    Si la nuit nous n’entendons que le « Geeecko » des geckos et le chant des grenouilles, le jour, quand le travel-lift (machine pour sortir les bateaux de l’eau) est en marche, on peut à peine se parler. Le chantier lui-même est en chantier pour créer plus de places et construire une nouvelle marina !

    Nous faisons vite des dessins, des mesures et des photos des pièces endommagées, puis nous transmettons tout cela à Graham qui nous assure pouvoir les faire fabriquer à Trinidad. Chaque jour je relance Graham, en faisant bien attention de ne pas le froisser, mais aucune nouvelle sur les délais ou même sur leur capacités à faire les pièces. Nous profitons de ce temps à terre pour faire l’antifouling (peinture protectrice de la partie immergée de la coque) et nettoyer les frigos.

     

     

     

    Depuis quelques jours Abel a de petits boutons sur les bras et les cuisses. C'est apparemment l'association transpiration et piqûres d'insectes qui provoque la "Bourbouille", fréquente chez les jeunes enfants. Les boutons semblent s’infecter et nous emmenons Abel voir le docteur à Hillsborough. Nous envoyons aussi des photos à Quentin mon cousin pédiatre qui nous diagnostique un impétigo, confirmé par le médecin local qui nous prescrit antibiotiques et antihistaminiques.  

    Afin de le guérir plus vite nous décidons de chercher un logement avec climatisation.

     

    Le samedi nous emménageons donc dans un petit « cottage » face à la plage, avec une grande chambre et une cuisine mais surtout, la clim ! 

    Le soir même a lieu la représentation du Ciné-Searcus, par la famille-troupe française en voyage en bateau avec leur ami Ben. Pauline et Yann ont passé trois ans au Sénégal, sur leur « bateau cinéma » qui projetait des films africains avant d’entreprendre un tour de l’Atlantique avec un nouveau projet, mis en scène par Ben, un cirque-cinéma marin. 

    Le spectacle est construit autour d’une projection de films d’animations sur le thème de la mer et de la nature et de sketches et vidéos sur la vie à bord. Celle sur l’école à bord nous fait bien rire ; nous nous y reconnaissons parfaitement. La scène commence dans une ambiance calme et bienveillance puis tout à coup ça dérape complètement et finit en feu d’artifice de cahiers dans tous les sens. Nos enfants trouvent quand même que c’est plus sympa que chez nous, est-ce que cela doit nous rassurer ? 

     

     

    Après la représentation, nous rencontrons d’autres français en voyage, installés à Carriacou pour une durée indéterminée. Il est vrai que l’île demeure authentique malgré le tourisme. Les habitants sont vraiment sympas, nous saluent et s’arrêtent souvent pour échanger quelques mots. Beaucoup de vieux navigateurs ont trouvé refuge à Carriacou. Constance fera ainsi la connaissance de Paul Erling Johnson, navigateur et aventurier anglais. Un peu un Antoine britannique. C’est l’un des derniers endroits des Caraïbes où l’on peut encore voir des bateaux de plus de trente ans de construction amateur. 

    Nous passons une super soirée qui se termine par des chants de marins, avec saxo, violon, accordéons... tandis que tout un groupe d’enfants, locaux et voyageurs courent dans tous les sens. 

     

    En une semaine, nous réussissons à réparer le safran à l’intérieur duquel les broches qui maintenaient la mèche ont été cassées plusieurs fois mais réparées que d’un côté. La partie réparée a de nouveau cédé. Pour ceux que cela intéresse je détaille à la fin de l’article le problème du safran.

    La réparation nécessitait de savoir où découper dans le bois ; c’est là que nous avons une chance incroyable. Heureux concours de circonstances, Anne-Laure et Amaury essayaient depuis plusieurs semaines d’obtenir les plans du Sun Kiss 45 auprès de la société Jeanneau, des revendeurs et de l’architecte… ils venaient juste de les recevoir quand nous sommes arrivés. Ces plans nous ont été d’une grande aide et nous en sommes très reconnaissants à Iorana.

     

     

     

     

    Cependant, toujours aucune nouvelles des pièces que nous avons commandées et qui doivent être fabriquées à Trinidad. 

    Tandis que nous finissions de travailler Dominique et moi sur sa barge, nous voyons passer une vedette qui rentre vers la zone de carénage. Dominique me dit qu’il s’agit de Jerome, le patron du chantier. Je saute dans mon annexe et traverse la baie pour le rencontrer. Le temps du trajet, il avait licencié Graham et celui-ci était parti. Je lui raconte mon problème de pièces, il passe quelques appels et m’annonce que nos pièces seront prêtes pour la fin de semaine suivante. Cependant, il n’y a qu’un bateau par semaine de Trinidad et il part le vendredi.

    Heureusement Jerome en déplacement à Trinidad rentre en avion le samedi et peut nous les rapporter !

    Le safran retrouve sa place à la poupe de Gytan et nous voilà prêts pour un nouveau départ. Nous retrouvons la mer et sommes ravis d’être de nouveaux au mouillage et de pouvoir plonger dans l’eau dès que nous en avons envie.

    Abel qui n’avait plus droit aux bains est enfin guéri et peut retourner à l’eau.

     

     

     

     

    Nous avions prévu de remonter rapidement vers la Guadeloupe car nous avons un rendez-vous aux British Virgin Islands BVIs avec nos amis Claire et Guillaume et leurs enfants Thémis et Hector eux aussi très attendus, fin février. Pourtant Il n’est pas possible de repartir pour le moment. Le vent souffle fort au mouillage avec des rafales à trente noeuds dans la baie, pourtant abritée. Naviguer par 35-40 noeuds mais surtout sur une mer formée avec des vagues très rapprochées serait trop dangereux !

    Nous attendons donc de meilleurs conditions pour naviguer.

     

     

     

     

    Une belle surprise nous attend alors. Nos amis hollandais les « Dingo » arrivent à Carriacou. Eux aussi doivent sortir le bateau de l’eau pour refaire l’antifouling. Les tarifs pour un lift sont trois fois moins élevés qu’au Marin ce qui attire de nombreux voiliers à la marina de Tyrell Bay. Nous sommes ravis de les retrouver de l’autre côté de l’océan, ainsi que leurs enfants : les jumeaux Joël, Daniel - faux jumeaux en vérité, ils ne pourraient pas être plus différents et Boaz l’aîné qui a l’âge de Gaston et de passer quelques jours avec eux. 

    Un soir nous avons la surprise de trouver un gecko à bord du bateau. Nous nous demandons comment il a bien pu arriver là ! Nous apprenons que nos amis avaient justement rapporté du Surinam le même petit lézard pour chasser les insectes. Boaz venu dormir sur le bateau, l’avait probablement ramené dans son sac d’affaires. C’est pour l’instant un animal de compagnie très discret, il se cache en changeant de couleur, si en plus il s’attaque aux moustiques !  

    La météo nous empêche toujours de partir et semble vouloir nous retenir sur l’île pour le Carnaval. Celui-ci commence le 12 février, date à laquelle nous pensions être déjà en Guadeloupe !

    Nous prenons tout de même la mer malgré des conditions peu favorables et devons nous arrêter à Canouan…

     

    Ci-dessous la vidéo :

     

     

     

    Petite histoire « technique » de notre safran :

     

    Le safran du Sun Kiss est composé d’une mèche verticale en inox, à laquelle trois broches latérales sont soudées. Ces éléments, encastrés dans le bois, forment le « squelette du gouvernail » qui lui permet de pivoter. 

    Sur notre safran, deux plaques d’inox avaient été ajoutées, soudées à la mèche et vissées dans le bois sur son sommet et sur la partie accrochée à la crapaudine. 

    Ce sont justement ces pièces qui ont cassé pendant la transat, cassure très visible que nous avons remarqué dès notre arrivée et qui nous a alertés. 

    Nous nous sommes demandés à quoi servaient ces plaques d’inox et avons essayé de les refixer. Constatant que le safran remuait toujours beaucoup, nous avons écrit au vendeur qui nous a assuré qu’il s’agissait juste d’un renfort. Pas très convaincus, nous demandons aux Tobago Cayes l’avis de Patrice, préparateur professionnel, du voilier Bel’Orch. Selon lui nous devons nous arrêter pour réparer au plus vite.  

     

    C’est la réparation du safran en elle-même qui m’a permis d’avoir des explications. Selon moi, les broches à l’intérieur du safran ont cassé, avarie courante sur les Sun Kiss, dûe à une erreur de conception de Jeanneau - La réparation des broches en question est un gros travail car il faut percer le bois pour les atteindre, les ressouder puis refermer. Cela de chaque côté du safran… 

    Ces pièces ont donc été réparées par le propriétaire de l’époque mais la soudure n’a été faite que d’un côté, ce que nous avons pu constater en ouvrant le safran. 

    A partir de là deux hypothèses quant à la présence de ces plaques d’inox. Soit le propriétaire de l’époque, comme il nous l’a écrit, a voulu renforcer le safran en ajoutant les plaques afin de renforcer la soudure et compenser l’erreur de conception. Soit le safran a recassé et les plaques ont été mises pour faire office de réparation. 

    Dans tous les cas cet ajout n’était pas une bonne solution car en faisant la soudure ils ont brûlé le bois, puis les vis ont fini de le détériorer.

     

    Nous devons donc ressouder et rénover les parties endommagées du bois.

    Tout d’abord la soudure. Nous repérons, grâce aux plans, les emplacements des boulons, puis ponçons le safran jusqu’à les apercevoir. Ensuite nous réalisons des entailles en biais dans le bois pour découper trois carrés. Enfin nous dégageons aux ciseaux à bois les boulons afin que Dominique puisse réaliser les soudures. Notre expert ajoute même un renfort en inox qui part du coté de la mèche vers la broche. 

    Il ne nous reste plus qu’à remettre les morceaux à leur place sur le safran et à les combler par de l’epoxy chargé. 

    Après cette opération de chaque coté, il nous faut faire une prothèse pour la partie abîmée du safran. Nous commençons par nettoyer les bois pourris du sommet du safran et de sa crapaudine. Nous formons ensuite un moule, directement sur le safran, que nous remplissons d’epoxy. Nous finissons par une stratification en fibre de verre sur ces parties. 

    Le safran et du même coup Gytan sont repartis pour longtemps.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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