A family of five, travelling one year on a beatiful 33 years old boat, she's 45 foot long and we called her : Gytan.

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    Le Cap-Vert et notre Transat'

    January 6, 2018

    Le Cap-Vert,

     

    Après sept jours de traversée, nous ne sommes pas mécontents de nous amarrer à la marina de Mindelo, face à la ville. Après un repos bien mérité, nous allons à la plage, derrière les docks à un quart d’heure à pied.

    La mer est très belle, turquoise et nous semble tiède, un avant-goût des tropiques.

    L’attraction principale de la marina de Mindelo est son bar flottant, sur-lequel nous prenons très vite nos quartiers. Au bar les trois jeunes gytans commandent leur milk-shake et deviennent très copains avec la bar-maid. Nous nous installons devant des Caïpirinhas, nous sommes face au Brésil et le Cap Vert est culturellement (et historiquement) proche du Portugal ! C’est vrai qu’il y a dans la ville une reproduction de la tour de Belem et que l’on trouve dans Mindelo une place animée, avec un kiosque-café au milieu, qui fait penser à celles de Lisbonne.

    Bref Mindelo a tout pour nous plaire, animation, marchés au fruit où l’on trouve de délicieuses papayes, restaus sympas et même glacier italien ! 

    Le lendemain de notre arrivée nous retrouvons nos copains Dingos qui sont restés une journée encalminés et ont décidé de ne pas mettre le moteur et de prendre leur temps. Gaston est ravi de pouvoir disputer un match de foot avec les garçons et d’autres gamins cap-verdiens. 

     

    Nous décidons de visiter ensemble Sao-Antao. L’île n’est pas très accessible à la voile, on n’y trouve pas de mouillages accueillants ni de marinas. Cependant il est très facile d’y aller en ferry depuis le port de Mindelo. Nous nous levons très tôt pour prendre le bateau de sept heures du matin. Il fait encore nuit quand nous partons après un petit-dej anglais préparé par Guillaume. 

    La traversée dure une heure environ, la mer est très calme. Une hôtesse nous propose tout de même de petits sacs en plastique « au cas où », ce qui nous fait un peu rigoler. A l’arrivée nous sommes assaillis par une marée de guides qui nous proposent de nous emmener faire le tour de l’île. Avec six enfants, nous jetons nôtre dévolu sur un magnifique pick-up rouge au lieu d’un mini bus, bizarrement.

    Notre guide est peu causant. Plus à l’aise, quand nous nous adressons à lui en français, qu’il parle très bien, il se décide à nous dire quelques mots sur son île ! Il nous explique que tous les cap-verdiens apprennent le français (et l’anglais évidemment) à l’école car les touristes qui visitent leurs îles sont en majorité hexagonaux. 

    Nous nous trouvons sur la route « touristique », entièrement pavée et qui n’est pas empruntée par les locaux mais uniquement par les chauffeurs qui emmènent des visiteurs. 

    Nous commençons par une mini randonnée autour de l’immense cratère du volcan, qui est très vert et accueille de petits espaces cultivés de façon peu intensive et quelques ânes. L’endroit est Magnifique. Nous descendons ensuite vers la mer. La route longe des crêtes escarpées et la vue sur les champs cultivés en terrasse est superbe.

    Notre guide nous emmène ensuite à Ribeira Grande. Dirma me montre l’hôpital de façon très détachée. Cinq minutes plus tard, Abel chahute et se cogne le front contre les jolis pavés comme ceux du Portugal. L’hôpital ne nous déçoit pas. Le monde dans la salle d’attente nous effraie un peu mais le service des urgences est immédiatement ouvert pour nous. Les médecins sont vraiment gentils, les deux points de suture sont sans anesthésie mais exécutés très rapidement.

    Abel crie un peu et je ne me sens pas très bien… 

    Nous remontons dans le pick-up, un peu sonné, Abel s’endort à l’intérieur sur nos genoux. Nous continuons la visite dans les hauteurs de l’île. Nous avons une vue magnifique sur des gorges où fleurissent les cannes à sucre, comme de grands plumeaux. Les toits des maisons ont l’air d’être en chaume ; le guide nous explique que c’est en fait de la canne à sucre.

    Après un pique-nique nous partons visiter la côte. Guillaume et moi sommes à l’arrière avec Abel. Nos enfants avec nos amis à l’extérieur. Ils nous diront de retour au port pour prendre le ferry que ce n’était pas très agréable car le chauffeur roulait vraiment trop vite. Nous le soupçonnons d’avoir voulu abréger la visite, peut-être afin de prendre de nouveaux touristes tout juste arrivés…

     

     

    Les jours suivants nous profitons de Mindelo, sortons écouter un concert, il y en a tous les week end. Nous retrouvons plusieurs équipages rencontrés précédemment.

    Nos amis malouins George Jean et Joël sur un superbe Amel Kamada III amarré à côté de nous à Santa Cruz. Ambryn, Cécile, Pierre et leurs trois enfants, rencontrés à Lisbonne. Enfin les Azyu, Agathe, Jérôme et leurs filles Azae et Yuna, de Saint-Malo aussi que nous avions rencontrés à Lanzarote. Nous faisons la connaissance de leur ami Jean qui navigue en solitaire et souhaite comme nous remonter le long des canaux américains. 

    Nous avons également la joie de retrouver Zekreet, Chloé Philippe et leurs enfants Laura et Loïc que nous suivions depuis Lisbonne. Ils devaient partir directement des Canaries pour traverser l’Atlantique mais descendus très au sud pour trouver du vent, ils ont finalement décidé de faire une escale d’une nuit à Mindelo. Chloé était passée nous voir à Santa Cruz avec Laura et Loïc et nous avait donné de nombreuses recettes pour occuper les enfants pendant la traversée. A Mindelo Laura et Ysé échangent "J’aime Lire" et livres de contes. 

    Nous rencontrons aussi des bateaux-stoppeurs, tous ont l’air très sympas mais nous retrouvons Estelle et Emile avec qui nous étions en contact depuis le nord de l’Espagne et que nous avions contacté via la bourse aux équipiers sur le site Sail the world. Ils viennent de Belgique et le courant passe tout de suite. Comme nous le craignions, Gaston leur demande de prime abord pourquoi les belges nagent au bord de la piscine ; Emile répond qu’il préfère pour sa part nager tout au fond, ce qui met tout le monde à l’aise.

    Estelle et Emile sont d’accord pour partir avec nous et décident de quitter l’association pour laquelle ils travaillaient qui s’occupent des animaux errants.

    Les deux derniers jours avant le traversée, nous nous occupons de l’avitaillement et achetons beaucoup de produis frais. Des kilos de tomates et de bananes bien vertes, patates douces, courges, papayes… 

    Le jour du départ, les Dingos viennent nous souhaiter une bonne traversée. Nous ne les reverrons pas tout de suite car ils traversent l'Océan pour se rendre au Surinam.

     

     

    Notre Transat',

    Constance, Guillaume, Gaston, Ysé et Abel, l'équipage de Gytan ainsi qu'Estelle et Emile des bateaux-stoppeurs belges prennent la mer de Mindelo sur l'île de Sao Vincente au Cap-Vert le 11 décembre 2017 à 11 heure locale, soit 12 UTC.

    l'Harmattan, brouillard de sable, qui s'abat sur l'île depuis près de 4 jours, nous ne permet pas de voir l'île de Santo Antao pourtant toute proche et que nous devons contourner.

    Nous avons 25 à 30 noeuds de vent au départ, c'est l'accélération du vent par les îles, une fois Santo Antao passée nous avons entre 20 et 25 noeuds du Nord Est, la mer est formée, une houle de 2 mètres environ nous pousse gentiment dans la bonne direction. Les 2 premiers jours le bateau avance bien et vite entre 6 et 7 noeuds, le brouillard disparaît.

    Nous n'osons pas encore profiter du potentiel du bateau, nous le préservons, il faut qu'il tienne 15 jours. Le 3è jour, nous mettons quand même le spi, la mer s'est calmée et le vent ne souffle plus qu'entre 10 et 15 noeuds, nous continuons à avancer entre 6 et 7 noeuds. L'équipage est un peu patraque pendant les 48 premières heures puis tout rentre dans l'ordre, nous tournons pour faire la cuisine et les quarts la nuits. Nous commençons aussi les activités pour préparer Noël et occuper les enfants...

    Nous réalisons des petites figurines en argile pour faire une crèche, le thème est animaux marins. Marie est une sirène, Joseph un requin marteau (il est charpentier), il y a un crabe "roi mage", etc...

     

     

    La première moitié de la traversée se passe avec un vent constant du trois quart arrière, dans le même sens que les vagues, nous avalons les miles rapidement, nous mettons à peine 7 jours pour faire le trajet avec une pointe enregistrée à 9,10 noeuds. Sous spi dans la journée et genois tangonné la nuit. Nous célébrons l'événement par une chasse au trésor sur le bateau, nous avions reçu des cadeaux de la famille à n'ouvrir qu'à mi-transat. Quelle joie d'ouvrir le paquet avec un chouette cadeau pour chacun et quelques douceurs sucrées. Merci Régine et Pascal !!!

    Alors que nous tenions une moyenne de 6,5 noeuds jusque là, nous commençons à croiser d'autres voiliers partis quelques jours avant nous. Nous les avons rattrapés, et pour cause ils n'ont presque pas de vent depuis le début, nous n'y échappons pas, le vent mollit. Nous sommes presque aux 2 tiers, et nous voyons notre vitesse chuter, l'arrivée semble s'éloigner, c'est dur. Les grains commencent à nous tomber dessus, ce sont de gros nuages gris à l'avant desquels le vent souffle fort mais retombe très vite et nous laisse sous des trombes d'eau.

     

    La mer devient chaotique, la houle est croisée, c'est très désagréable, le bateau roule beaucoup dans tout les sens. Nous faisons de grosses embardées quand une vague croisée nous frappe sur l'arrière alors que nous sommes au sommet d'une autre, le vent n'est pas suffisant pour appuyer les voiles et donc le bateau. Nous essayons à plusieurs reprise de mettre le spi, malheureusement il est asymétrique, il va de gauche et de droite à chaque vague, nous ne parvenons pas à le stabiliser et il s'arrache du tangon à chaque fois. Nous ferons même tomber une écoute à la mer qui ira s'enrouler autour de l'arbre d'hélice, nous obligeant à plonger dans les vagues sous le bateau pour la défaire.

    Nous abandonnons le spi et obliquons vers le sud, pour marcher à 120° du vent, les fichiers nous donnent entre 12 et 17 noeuds de vent, nous n'en constatons que 7 à 8 nds... Fichu modèle GFS (modèle américain certes gratuit mais trop imprécis). Nous recevons quotidiennement un mail de nos amis hollandais de Dingo, ils sont derrière nous et plus au sud en direction du Surinam, comme pour la traversée vers le Cap-Vert cet échange est comme un rituel, on se raconte nos conditions de mer, nos activités, nos impressions sur la traversée.

    Nous continuons pendant 36 heures vers le sud en espérant davantage de vent chaque jour. Il fait vraiment très chaud dans la journée, malgré l'ombre que nous mettons un peu partout sur le bateau, nous attendons le soir pour pouvoir nous activer. Les poissons-volants planent devant l'étrave, la nuit certains finissent sur le pont du bateau, les plus chanceux tombent dans le cockpit et nous les remettons immédiatement à l'eau, les autres finissent tout secs sur le pont avant d'être rejetés. 

    Un très gros dauphins ou une petite baleine nous rend visite pendant quelques instants 2 soirs de suite, il fait environs 6-7 mètres de long, sans bec, nous ne l'apercevons que furtivement car il reste en apnée pendant de longues minutes.

    Nous finissons de manger le frais à cette période, nous pouvons donc commencer la pêche... Mais nous sommes depuis quelques jours au milieu des sargasses (paquets d'algues qui flottent sur l'Atlantique), et nous en pêchons beaucoup.

    Depuis presque 5 jours, nous avons du mal à faire la moindre activité, nous sommes trop fatigués et avons trop chauds, les soudaines embardées du bateau nous usent et nous réglons continuellement le bateau car le vent oscille de 30° à 40°. Nous sommes attentifs au moindre claquement des voiles qui pourraient fatiguer le gréement.

    Nous avons aussi les mêmes problèmes énergétiques qu'avant, la personne que nous avions vue à Mindelo, nous avait certifié que c'était nos vieilles batteries qui étaient mortes, il nous en a donc revendues de nouvelles avec un amperage plus petit. Malheureusement au Cap-Vert à part des batteries de camions à décharge rapide, il n'y a pas grand chose, or en bateau il faut des batteries à décharge lente. Aussi les 2 premières nuits de la Transat, elles se sont beaucoup déchargées et elles ont perdu de leur capacités, nous avons petit à petit été obligé d'allumer le moteur quelques heures la nuit et pour finir nous avons fait les 3 dernières nuits avec le moteur allumé constamment pour avoir suffisamment d'énergie pour le pilote automatique. A présent nous savons que nous n'avons pas de problème de batteries, les anciennes fonctionnent encore parfaitement, c'est en fait la jauge, qui nous donne l'énergie restante qui ne marche pas.

     

    Nous continuons de mettre les lignes à l'eau, nous remontons une première dorade coryphène, mais elle est trop petite et nous la relâchons. Le lendemain, c'est une jolie petite bonite qui mord, elle sera dégustée à la carangue (voir post précédent pour la recette).

    Nous croisons le soir la route d'un voilier partis 3 jours avant nous de Mindelo, sur toute la traversée, les pauvres n'ont pas eu de vent, la mer croisée que nous avons et ont cassé leur pilote automatique depuis 10 jours. Nous leur souhaitons bon courage pour les 3 jours restants.

    Nous marchons de mieux en mieux, à 48 heures de l'arrivée, Emile nous fait des crêpes, tout l'équipage retrouve le sourire, après les 2 derniers jours très décourageants et épuisants nerveusement. Nous remontons ce jour là une belle dorade coryphène, nous la dégusterons le 25 en sashimi et à la poêle, le repas du soir était déjà prêt, c'était les pizzas d'Emile.

    Nous nous faisons rattraper par le 2e bateau de la traversée, un couple sur un Sun Fast, ils sont partis 3 jours après nous et on eu du vent tout du long.

    Nous mangeons très bien, salade le midi, puis repas préparé le soir, Estelle nous fait d'excellent plat avec courge, courgette, patates douce ou pomme de terre. Nous ne touchons presque pas aux conserves, mais le stock de pâtes diminue.

    Les grains sont de plus en plus fréquents, mais au moins le vent s'établit au alentour de 15-20 noeuds en oscillant, la mer est toujours désordonnée. De nouveaux bruits apparaissent, notamment au niveau du safran, les rivets du hâle-bas de bôme ont tous sautés, la bande anti-UV du génois commence à se découdre, une porte de la cuisine s'est arrachée, bref, le bateau fatigue et l'équipage aussi.

    Il reste 24 heures, le pilote fait des bruits de grincements, nous le soulageons en barrant un maximum sur cette dernière journée. La nuit précédente nous n'avons pas beaucoup dormis, nous étions cernés pas les orages et il fallait être vigilant.

    La dernière nuit tout l'équipage est surexcité, demain matin nous verrons la terre ! Elle sera calme sans trop de vent mais pas de grains non plus. Vers 6 heures, avant le levé de soleil, Ysé et Estelle sont sur le pont, elles patientent, pendant de longues minutes toujours rien pourtant elle est censée être là pas loin, 15 miles à peine. Enfin à 7h30, le soleil est plus haut et nous permet de deviner la cote dans la brume d'abord, puis de plus en plus nette. Tout le monde est sur le pont, il ne nous reste que 2 heures de Transat'.

    A 10 heures, heure locale, soit 14 heures UTC, nous mouillons dans la baie de Sainte Anne et nous jetons à l'eau pour profiter de ce premier bain. Nous découvrons alors que notre safran s'est délaminé au niveau de ses plaques d'inox, toutes les vis ont sauté pendant la traversée, Ysé est au dernier tome d'Harry Potter, il était temps d'arriver.

    Nous irons ensuite attendre une place à la marina du Marin, qui est surchargée de tous les bateaux venus du nord, en effet l'ouragan Irma a détruit toutes les marinas des îles au nord de la Guadeloupe, où nous attendent ma Maman et ma soeur Charlotte venues pour fêter Noël avec nous.

    Nous aurons mis 15 jours et 2 heures pour faire 2130 miles (3834 km) soit une vitesse de 5,9 noeuds (10,62 km/h). Nous avons fait 40 miles de plus que la route directe. Nous espérons que la vidéo à la fin de l'article vous donnera une idée de cette transat'.

    Merci Estelle et Emile, bon vent pour la suite de votre voyage !

     

    Nous avons pêché 3 poissons, 2 dorades et une bonite.

    Nous avons croisé 6 voiliers, 4 cargos (dont un qui nous déroute pour le laisser passer).

    Nous avons fait 7 pains (merci Emile pour la recette).

    Nous avons fait 2 brioches et 4 gâteaux à la banane.

    Nous avons fait 4 pizzas et pleins de crêpes, enfin Emile Estelle ont fait...

    Nous avons enlevé 2 points de suture à Abel.

    Estelle et Emile nous ont appris jeux de cartes, jeux de rôles, devinettes et blagues belges.

    Nous n'avons vu qu'une seule fois des dauphins.

    Nous avons vu un gros dauphin/petite baleine.

    Nous avons vu des milliers de poissons volants.

    Nous avons fait une chasse au trésor.

    Nous avons fait beaucoup de parties de cartes.

    Nous avons réalisé des statuettes d'argile pour une crèche.

    Nous avons construit un bonhomme de Noël pour remplacer le sapin.

    Nous avons fait des bracelets en macramé.

    Nous avons admiré, sans nous lasser, 15 couchés de soleil et autant de levés.

    Des nuits étoilés sans lune et des centaines d'étoiles filantes.

     

    Nous vous souhaitons une bonne année 2018 !

     

     

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